Report de l’indexation en centimes : maintien provisoire de l’indexation complète des salaires
28 janvier 2026
Dans le cadre de l’accord budgétaire fédéral, le gouvernement a annoncé ces derniers mois son intention d’introduire une limitation temporaire de l’indexation automatique pour les salaires plus élevés. Cette mesure, communément appelée « indexation en centimes », devait initialement être appliquée une première fois en 2026, puis à nouveau en 2028. Toutefois, face à l’absence de modalités concrètes et à plusieurs incertitudes juridiques et pratiques, le gouvernement a décidé de reporter la mise en œuvre de cette mesure. Résultat : l’indexation complète des salaires est maintenue provisoirement. Dans cet article, nous faisons le point sur ce report, ses implications concrètes pour les employeurs et les travailleurs, ainsi que sur les perspectives pour les années à venir.
Qu’est-ce que l’indexation en centimes ?
Le système belge d’indexation automatique des salaires vise à protéger le pouvoir d’achat des travailleurs en adaptant les rémunérations à l’évolution du coût de la vie. Traditionnellement, cette indexation s’applique sous la forme d’un pourcentage identique pour tous les travailleurs d’un même secteur ou d’une même entreprise.
L’indexation en centimes introduirait une logique différente pour les salaires plus élevés. Concrètement, au lieu de bénéficier d’une augmentation en pourcentage, les travailleurs dépassant un certain seuil salarial recevraient un montant fixe, exprimé en euros.
L’objectif affiché par le gouvernement est double : maîtriser l’impact budgétaire de l’indexation automatique et limiter la hausse des coûts salariaux pour les employeurs, en particulier pour les rémunérations les plus élevées.
Une mesure prévue en 2026… puis reportée
Selon les annonces initiales, l’indexation en centimes devait être appliquée une première fois en 2026, puis une seconde fois en 2028. Elle aurait concerné les travailleurs dont le salaire mensuel brut dépasse 4.000 EUR.
Toutefois, à ce stade, les modalités concrètes de cette réforme n’ont pas encore été définies :
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montant exact de l’indexation fixe,
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méthode de calcul,
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articulation avec les systèmes sectoriels existants,
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conséquences pour les salaires à temps partiel,
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intégration dans les conventions collectives de travail.
Face à ces nombreuses inconnues, le gouvernement a décidé de reporter l’introduction de l’indexation en centimes et de ne pas l’appliquer au 1er janvier 2026.
Conséquence immédiate : maintien de l’indexation complète en 2026
Ce report a une conséquence claire et immédiate : pour l’instant, l’indexation automatique continue de s’appliquer normalement, sans plafonnement.
Ainsi, les travailleurs dont le salaire mensuel brut dépasse 4.000 EUR et qui relèvent d’un secteur dans lequel une indexation est prévue en janvier 2026 — comme, par exemple, les employés de la CP 200 — verront leur salaire indexé selon le pourcentage habituel.
Autrement dit, aucune limitation ne sera appliquée en janvier 2026, malgré les annonces initiales. Pour les employeurs, cela signifie qu’il convient de continuer à appliquer les règles d’indexation sectorielles existantes, sans adaptation particulière liée à l’indexation en centimes.
Une entrée en vigueur envisagée en 2027
Même si l’indexation en centimes est reportée, elle n’est pas abandonnée pour autant. Le gouvernement indique que la limitation de l’indexation pourrait être appliquée pour la première fois en 2027.
La date exacte d’entrée en vigueur devra toutefois encore être fixée par un texte législatif ou réglementaire.
Les employeurs ont donc tout intérêt à rester attentifs aux évolutions à venir. Une telle mesure pourrait avoir un impact significatif sur la politique salariale, en particulier pour les fonctions mieux rémunérées.
Clarification concernant le plafond salarial
Le gouvernement a également apporté une première précision importante concernant le plafond salarial servant de référence.
Le seuil de 4.000 EUR brut s’appliquerait aux travailleurs occupés à temps plein. Pour les travailleurs à temps partiel, ce plafond serait proratisé en fonction du régime de travail. À titre d’exemple, pour un travailleur à mi-temps, le plafond applicable serait de 2.000 EUR brut.
Cette précision vise à garantir un traitement équitable entre travailleurs, indépendamment de leur régime de travail.
Quels éléments de rémunération seraient pris en compte ?
Autre élément clé : seul le salaire de base serait pris en considération pour déterminer si le plafond est dépassé. Les avantages extralégaux, tels qu’une voiture de société, des assurances complémentaires ou d’autres avantages en nature, ne seraient pas inclus dans ce calcul.
Il convient toutefois de souligner que ces principes devront encore être confirmés et précisés dans les textes légaux définitifs. Des ajustements restent donc possibles.
Quels enjeux pour les employeurs ?
Même si l’indexation en centimes n’est pas encore entrée en vigueur, cette annonce et son report soulignent l’importance, pour les employeurs, d’anticiper les évolutions législatives en matière de rémunération.
Une limitation future de l’indexation pourrait :
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influencer le coût salarial global,
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nécessiter une adaptation des budgets prévisionnels,
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avoir un impact sur l’attractivité salariale pour certains profils,
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susciter des questions ou des incompréhensions chez les travailleurs concernés.
Une communication claire et proactive sera dès lors essentielle lorsque la mesure entrera effectivement en vigueur.
Conclusion
Pour l’instant, l’indexation en centimes est reportée et l’indexation complète des salaires est maintenue, y compris pour les rémunérations supérieures à 4.000 EUR brut. Cette situation offre une certaine stabilité à court terme, tant pour les employeurs que pour les travailleurs.
Néanmoins, la mesure n’est pas abandonnée et pourrait entrer en vigueur dès 2027. Il est donc crucial de suivre de près les décisions gouvernementales à venir.
Tu as des questions sur l’impact de l’indexation sur ta politique salariale ou sur les obligations applicables à ton entreprise ? N’hésite pas à nous contacter : nous sommes à ta disposition pour t’accompagner et t’apporter des conseils personnalisés.
Sources
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Divers médias belges
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Communications gouvernementales relatives à l’accord budgétaire fédéral
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