Indemnités pour travail de nuit : indexation applicable dès janvier 2026
21 janvier 2026
Le dépassement de l’indice-pivot en décembre 2025 entraîne plusieurs conséquences concrètes pour les employeurs et les travailleurs en Belgique. Parmi celles-ci figure l’indexation des indemnités liées au travail de nuit, qui connaîtront une augmentation de 2 % à partir de janvier 2026. Ces ajustements s’inscrivent dans un contexte plus large de réforme de l’indexation des salaires publics et des allocations sociales décidée par le gouvernement fédéral durant l’été 2025. Dans cet article, nous faisons le point sur les règles applicables aux indemnités pour travail de nuit, les montants en vigueur dès janvier 2026 et les implications pratiques pour les employeurs.
1. Contexte général : dépassement de l’indice-pivot
L’indice-pivot pour le secteur public et les allocations sociales a été dépassé en décembre 2025. En principe, ce dépassement déclenche une indexation automatique de certains montants afin de préserver le pouvoir d’achat des travailleurs et des bénéficiaires d’allocations.
Toutefois, le gouvernement a décidé d’harmoniser l’indexation des allocations sociales et des salaires publics. Concrètement, cela signifie que :
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les salaires des fonctionnaires,
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les allocations sociales,
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et les pensions
ne seront indexés qu’à partir de mars 2026.
Une exception importante subsiste néanmoins : les salaires dans les secteurs des soins publics fédéraux feront l’objet d’une indexation anticipée au 1er février 2026.
Les indemnités pour travail de nuit prévues par les conventions collectives de travail du secteur privé ne sont pas concernées par ce report et sont donc bien indexées dès janvier 2026.
2. Indemnité pour prestations de nuit – CCT n°49
2.1. Champ d’application
La Convention collective de travail n°49 prévoit l’octroi d’une indemnité spécifique aux travailleurs occupés dans un régime de travail comportant habituellement des prestations entre 24 heures et 5 heures du matin.
Il s’agit d’une indemnité financière horaire destinée à compenser les contraintes particulières liées au travail de nuit, notamment en matière de santé, de vie sociale et de rythme biologique.
Les commissions paritaires ou les entreprises peuvent prévoir des montants plus élevés, mais ne peuvent pas descendre en dessous des minima fixés par la CCT n°49.
2.2. Montants applicables
Depuis le 1er février 2025, les montants de base étaient fixés comme suit :
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1,51 EUR par heure de travail de nuit effectivement prestée ;
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1,82 EUR par heure pour les travailleurs âgés de 50 ans et plus.
À la suite de l’indexation de 2 % applicable en janvier 2026, ces montants sont adaptés automatiquement. Les employeurs doivent dès lors veiller à appliquer les nouveaux montants indexés dans leur administration salariale à partir du 1er janvier 2026.
3. Indemnité complémentaire – CCT n°46
3.1. Droit au retour à un travail de jour
La Convention collective de travail n°46 vise à protéger les travailleurs âgés ayant exercé pendant de longues années un travail de nuit.
Un travailleur peut demander son retour définitif à un régime de travail de jour lorsqu’il remplit les conditions suivantes :
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être âgé d’au moins 55 ans ;
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justifier d’au moins 20 ans d’activité professionnelle dans un régime comportant des prestations de nuit.
Par ailleurs, un travailleur âgé d’au moins 50 ans remplissant ces mêmes conditions peut également introduire une demande de retour à un travail de jour pour des raisons médicales sérieuses, pour autant que celles-ci soient reconnues par le médecin du travail.
Cette demande doit respecter une procédure spécifique prévue par la CCT.
3.2. Indemnité complémentaire en cas de rupture du contrat
Si l’employeur n’est pas en mesure d’accéder à la demande de retour à un travail de jour et que le contrat de travail prend fin pour ce motif, le travailleur bénéficie d’une indemnité complémentaire aux allocations de chômage.
Cette indemnité est octroyée pendant une période maximale de cinq ans.
À partir du 1er janvier 2026, le montant de cette indemnité complémentaire est fixé à 191,80 EUR par mois, à la suite de l’indexation.
4. Implications pratiques pour les employeurs
L’indexation des indemnités pour travail de nuit implique plusieurs points d’attention pour les employeurs :
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adaptation des paramètres salariaux dès janvier 2026 ;
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vérification des montants appliqués dans les systèmes de paie ;
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information correcte des travailleurs concernés ;
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distinction claire entre les règles applicables au secteur privé et celles applicables au secteur public.
Une mauvaise application des montants indexés peut entraîner des régularisations salariales, voire des litiges sociaux.
5. Besoin d’accompagnement ?
Les règles relatives au travail de nuit et à leurs indemnités sont techniques et évoluent régulièrement.
Si vous avez des questions sur l’application des CCT n°49 et n°46, sur l’indexation de janvier 2026 ou sur l’impact concret pour votre entreprise, n’hésitez pas à nous contacter. Nous vous accompagnons volontiers dans l’analyse de votre situation et la mise en conformité de vos pratiques.
Sources
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Convention collective de travail n°49 du Conseil national du Travail
-
Convention collective de travail n°46 du Conseil national du Travail
-
Communications officielles relatives au dépassement de l’indice-pivot – décembre 2025
-
SPF Emploi, Travail et Concertation sociale
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