Crise énergétique : quelles mesures de soutien pour les employeurs et les travailleurs ?
18 mai 2026
La hausse des prix de l’énergie continue de peser lourdement sur les entreprises, les employeurs et les travailleurs. Entre l’augmentation des factures, la pression sur les coûts de fonctionnement et la flambée des prix du carburant, de nombreuses organisations cherchent des solutions concrètes pour limiter l’impact financier de cette situation.
Les travailleurs ne sont pas épargnés. Ceux qui utilisent leur voiture personnelle pour se rendre au travail ou pour effectuer certains déplacements professionnels voient leurs frais augmenter de manière significative. Face à ce contexte, le Gouvernement fédéral a annoncé un accord portant sur plusieurs mesures temporaires de soutien énergétique.
Ces mesures visent principalement deux objectifs : soutenir les employeurs qui souhaitent intervenir davantage dans les frais de déplacement de leurs travailleurs et adapter temporairement certaines indemnités kilométriques à la réalité actuelle des prix du carburant.
Un soutien fiscal pour les déplacements domicile-lieu de travail
L’une des mesures annoncées concerne les déplacements entre le domicile et le lieu de travail. Le Gouvernement fédéral prévoit un mécanisme temporaire de soutien fiscal pour les employeurs qui décident soit d’augmenter leur intervention existante, soit d’introduire une indemnité kilométrique pour ces trajets.
Concrètement, lorsqu’un employeur augmente son intervention dans les frais de déplacement domicile-lieu de travail, une partie de cette augmentation pourrait être compensée par un crédit d’impôt. Le soutien fiscal prévu pourrait atteindre jusqu’à 20 % de l’augmentation accordée, avec une limite maximale de 10 cents par kilomètre.
Cette mesure est particulièrement intéressante pour les travailleurs qui habitent loin de leur lieu de travail. En effet, plus la distance parcourue est importante, plus l’impact financier de la hausse du carburant se fait sentir. Une intervention majorée de l’employeur pourrait donc représenter un soutien non négligeable pour ces travailleurs.
Autre élément important : cette augmentation ne serait pas imposable dans le chef du travailleur. Cela signifie que le montant supplémentaire accordé ne viendrait pas alourdir sa charge fiscale.
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Tous les travailleurs ont-ils droit à une indemnité de déplacement ?
Il est important de rappeler que tous les travailleurs ne bénéficient pas automatiquement d’une intervention dans leurs frais de déplacement domicile-lieu de travail. Tout dépend notamment du moyen de transport utilisé, du secteur d’activité, des conventions collectives applicables, des accords d’entreprise ou encore des dispositions prévues dans le contrat de travail.
Par exemple, l’utilisation d’une voiture privée pour se rendre au travail ne donne pas nécessairement droit, par principe, à une intervention de l’employeur. Certains secteurs prévoient des règles spécifiques, tandis que d’autres laissent davantage de liberté aux entreprises.
La distance joue également un rôle. Dans certains cas, les travailleurs qui habitent très près de leur lieu de travail peuvent être exclus du bénéfice d’une intervention. De même, les travailleurs qui disposent d’une voiture de société ne perçoivent généralement pas d’indemnité pour leurs déplacements domicile-lieu de travail.
L’employeur est-il obligé d’augmenter son intervention ?
Non. La mesure annoncée prévoit un soutien fiscal pour les employeurs qui choisissent d’augmenter ou d’introduire une intervention dans les frais de déplacement domicile-lieu de travail. Il ne s’agit donc pas d’une obligation générale imposée à tous les employeurs.
Chaque employeur devra analyser sa situation, les règles applicables à son secteur, sa politique interne et ses possibilités budgétaires. L’aide fiscale peut toutefois encourager certaines entreprises à faire un geste supplémentaire envers leurs travailleurs, sans supporter seules l’intégralité du coût.
Lorsque les règles sectorielles ne prévoient pas de dispositions spécifiques, un employeur peut déjà accorder une indemnité kilométrique dans les limites admises sur le plan social et fiscal. Si l’indemnité actuellement appliquée est inférieure aux plafonds acceptés, l’employeur peut choisir de l’augmenter jusqu’à ces plafonds.
Et les voitures électriques ?
L’intervention majorée ne dépend pas du type de carburant utilisé. Un travailleur qui utilise une voiture électrique pourrait donc également bénéficier d’une indemnité majorée, pour autant que les conditions soient remplies et que l’employeur décide d’appliquer cette mesure.
Cette logique s’explique par le fait que l’indemnité de déplacement ne couvre pas uniquement le carburant. Elle vise plus largement les frais liés à l’utilisation d’un véhicule privé : amortissement, entretien, usure, énergie ou carburant.
Une adaptation de l’indemnité kilométrique pour les déplacements professionnels
Les déplacements professionnels constituent un autre point important. Lorsqu’un travailleur utilise son véhicule personnel dans le cadre de son travail, l’employeur doit en principe prendre en charge les frais liés à ces déplacements, sauf s’il met lui-même un moyen de transport et le carburant à disposition.
Deux possibilités existent généralement : rembourser les frais réels, à condition de pouvoir les justifier, ou appliquer une indemnité kilométrique forfaitaire acceptée par le fisc et l’ONSS. Dans la pratique, la seconde option est souvent privilégiée pour sa simplicité.
Depuis le 1er avril 2026, l’indemnité kilométrique indexée trimestriellement s’élève à 0,4327 euro par kilomètre. Il existe également une indemnité indexée annuellement, fixée à 0,4449 euro par kilomètre pour la période allant du 1er juillet 2025 au 30 juin 2026.
L’employeur doit choisir entre le système d’indexation trimestrielle et le système annuel. S’il opte pour le système annuel, le montant choisi doit être appliqué pour toute la période concernée, soit du 1er juillet au 30 juin.
Actuellement, le calcul de l’indemnité kilométrique forfaitaire repose notamment sur le prix à la pompe des deux trimestres précédents. Le Gouvernement fédéral prévoit toutefois d’adapter temporairement ce mode de calcul pour les mois d’avril, mai et juin 2026. Le nouveau calcul devrait tenir compte de la moyenne des prix du carburant pour les mois concernés, afin de mieux refléter la réalité du moment.
Y a-t-il un plafond pour les déplacements professionnels ?
Pour les déplacements professionnels, l’indemnité kilométrique forfaitaire est considérée, sous certaines conditions, comme un remboursement de frais propres à l’employeur. Il n’existe donc pas de plafond fiscal global pour le montant total qu’un travailleur peut percevoir, à condition que le nombre de kilomètres parcourus puisse être justifié.
Cela signifie que la rigueur administrative reste essentielle. L’employeur doit pouvoir démontrer que les kilomètres remboursés correspondent bien à des déplacements professionnels réels.
Autres mesures annoncées
D’autres mesures de soutien sont également évoquées. La hausse prévue des droits d’accise devrait notamment être reportée au 1er août 2026. Une campagne de sensibilisation devrait aussi être lancée afin d’encourager chacun à modérer sa consommation d’énergie.
Ces initiatives s’inscrivent dans une volonté plus large de limiter l’impact de la crise énergétique, tant pour les entreprises que pour les citoyens.
Une attention particulière reste nécessaire
Il est important de rester prudent. Les mesures présentées ci-dessus sont basées sur les informations disponibles à ce stade et relayées par différents médias. À l’heure actuelle, aucun texte législatif définitif n’est encore disponible.
Les employeurs qui souhaitent adapter leur politique de remboursement des frais de déplacement ont donc tout intérêt à suivre de près l’évolution du dossier. Une bonne analyse préalable permettra d’éviter les erreurs et d’appliquer correctement les mesures dès qu’elles seront confirmées.
Dans un contexte où les coûts évoluent rapidement, anticiper et informer clairement les travailleurs reste essentiel. Une politique de mobilité bien pensée peut devenir un vrai levier de soutien, de transparence et de confiance au sein de l’entreprise.
Besoin d’aide pour y voir plus clair ? Contactez-nous, nous vous guidons pas à pas.
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