Accord sectoriel industrie alimentaire (CP118) 2025-2026 : ce qui change concrètement pour les employeurs
27 avril 2026
Le nouvel accord sectoriel 2025-2026 de la CP 118, applicable aux ouvriers de l’industrie alimentaire, a été récemment conclu par les partenaires sociaux. Comme tous les accords sectoriels, il s’inscrit dans le cadre fixé par l’accord interprofessionnel et traduit les orientations générales en mesures concrètes pour les entreprises du secteur. Cet accord apporte plusieurs évolutions importantes en matière de rémunération, de mobilité, de formation et de conditions de travail. Voici un tour d’horizon des principales mesures à retenir et de leurs implications pour les employeurs.
Une norme salariale à 0 % : stabilité mais vigilance
Dans la continuité des décisions gouvernementales, la norme salariale pour la période 2025-2026 est fixée à 0 %. Concrètement, cela signifie qu’aucune augmentation salariale ne peut être accordée en dehors des mécanismes existants, tels que :
- les indexations automatiques,
- les augmentations barémiques.
Cette mesure vise à préserver la compétitivité des entreprises, mais elle impose également une gestion fine des coûts salariaux et des avantages extralégaux.
Introduction et adaptation des chèques-repas
L’une des évolutions majeures concerne les chèques-repas, désormais généralisés dans le secteur.
À partir du 1er janvier 2026 :
- Les entreprises qui accordent déjà des chèques-repas devront augmenter la contribution patronale de 1 € par jour travaillé.
- Une augmentation supplémentaire de maximum 1 € pourra être négociée via une CCT d’entreprise au plus tard pour le 15 février 2026.
Pour les entreprises qui n’en octroyaient pas encore :
- Un avantage équivalent devra être introduit (minimum 1 € par jour travaillé).
- À défaut, un avantage net récurrent de 240 € par an devra être accordé au plus tard au 1er juillet 2026.
Cette mesure renforce l’attractivité du secteur tout en laissant une certaine marge de négociation aux entreprises.
Harmonisation des pensions complémentaires
L’accord prévoit également une harmonisation des régimes de pension complémentaire (deuxième pilier).
Les échéances sont les suivantes :
- D’ici le 1er janvier 2027 : conclusion d’une CCT sectorielle précisant les modalités.
- D’ici fin 2029 : mise en conformité par les entreprises.
- Au plus tard le 1er janvier 2030 : harmonisation effective.
Cette mesure vise à garantir plus d’équité entre les travailleurs au sein du secteur.
Mobilité : amélioration des remboursements
À partir du 1er février 2026, plusieurs améliorations entrent en vigueur :
- L’intervention de l’employeur dans les déplacements en transport privé passe à 85 % du prix d’un abonnement train (2e classe).
- L’indemnité vélo est portée à 0,31 €/km.
Ces ajustements encouragent des modes de déplacement plus durables tout en soutenant le pouvoir d’achat des travailleurs.
Nouveaux droits en matière de congés
L’accord introduit plusieurs nouveautés en matière de congés :
Congé extralégal
Les travailleurs ayant pris un congé parental d’au moins 3 mois bénéficieront d’un jour de congé extralégal l’année suivante, financé par le Fonds social.
Congé d’ancienneté
Un jour de congé supplémentaire est accordé dès 20 ans d’ancienneté.
Fin de carrière
De nouveaux jours de congé sont introduits selon l’âge (à partir de 55 ans), avec un maximum de 12 jours à partir de 62 ans (hors boulangeries).
Ces mesures renforcent l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, tout en valorisant l’ancienneté.
Chômage temporaire : prolongation spécifique
Dans le secteur des légumes, le régime spécifique de chômage temporaire est prolongé jusqu’au 30 juin 2026.
Les limites restent fixées à :
- 12 semaines de suspension totale,
- maximum 72 jours de chômage.
Cette mesure offre une certaine flexibilité face aux fluctuations d’activité.
Formation : montée en puissance progressive
Le droit individuel à la formation est confirmé et renforcé :
- 4 jours par an dès 2025,
- 5 jours par an à partir de 2027.
Par ailleurs, les entreprises de 20 travailleurs ou plus doivent transmettre leur plan de formation annuel à Alimento avant le 31 mars.
Cette évolution souligne l’importance croissante des compétences dans le secteur.
Ce que cela signifie pour les employeurs
Cet accord sectoriel implique plusieurs actions concrètes pour les employeurs :
- Adapter les politiques de rémunération (chèques-repas, mobilité),
- Anticiper les obligations en matière de pension complémentaire,
- Mettre à jour les politiques RH (congés, formation),
- Veiller au respect des échéances légales.
Une analyse proactive est essentielle afin d’éviter tout risque de non-conformité et de tirer parti des opportunités offertes par ces nouvelles mesures.
Conclusion
L’accord sectoriel CP 118 pour 2025-2026 s’inscrit dans une logique d’équilibre entre compétitivité économique et amélioration des conditions de travail. S’il n’introduit pas d’augmentation salariale directe, il renforce significativement les avantages extralégaux et les droits des travailleurs.
Pour les employeurs, il s’agit d’un cadre structurant qui nécessite une mise en œuvre rigoureuse et anticipée.
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Sources
- Accord sectoriel CP 118 – Industrie alimentaire 2025-2026
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