Crédit familial 5 jours supplémentaires après la naissance de votre enfant
22 octobre 2026
Accueillir un enfant bouleverse le quotidien et demande du temps. Pour mieux accompagner les familles, le gouvernement fédéral belge a approuvé un avant-projet de loi créant un crédit familial de cinq jours par enfant. Ce nouveau droit concernerait les travailleurs salariés, les fonctionnaires et les travailleurs indépendants. Il s’ajouterait aux congés existants et pourrait être utilisé durant la première année de l’enfant. La mesure n’est toutefois pas encore en vigueur. À ce stade, il s’agit d’un avant-projet : le parcours législatif doit se poursuivre et plusieurs modalités doivent encore être fixées. Voici ce que l’on sait déjà, et les points qui restent à confirmer.
Cinq jours supplémentaires par enfant
Le crédit familial donnerait droit à cinq jours d’interruption des prestations pour chaque enfant. Ces jours viendraient en complément du congé de naissance, du congé de maternité et des autres congés familiaux déjà prévus. Il ne s’agirait donc pas de remplacer ou de réduire un droit existant, mais d’ajouter une possibilité supplémentaire au moment où la famille doit trouver un nouvel équilibre.
Le bénéficiaire pourrait prendre les cinq jours en une seule fois ou les fractionner. Cette souplesse permettrait, par exemple, de conserver quelques jours pour une période particulièrement chargée au cours des premiers mois. Le droit devrait être exercé pendant la première année suivant la naissance. Les jours non utilisés dans le délai prévu seraient perdus.
En cas de naissance multiple, le crédit serait accordé pour chaque enfant. La naissance de jumeaux ouvrirait donc, en principe, un droit à dix jours. Cette règle confirme que le dispositif est pensé comme un droit lié à l’enfant, même si son exercice est confié à un seul parent.
Un droit ouvert à trois statuts professionnels
L’une des particularités du projet est son champ d’application. Le crédit familial serait accessible aux salariés, aux fonctionnaires et aux indépendants. Cette approche vise à rapprocher les protections offertes aux parents, quel que soit leur statut professionnel.
Pour les indépendants, l’avancée est particulièrement notable. Suspendre son activité, même brièvement, peut entraîner une perte de revenus, des difficultés d’organisation ou la nécessité de reporter des rendez-vous. La création d’un droit indemnisé reconnaît cette réalité et offre un soutien concret lors de l’arrivée d’un enfant. Les modalités devront néanmoins rester compatibles avec le fonctionnement d’une activité indépendante, notamment en ce qui concerne la preuve de l’interruption et les démarches à accomplir.
Quel parent pourrait utiliser les cinq jours
Le crédit familial constituerait un droit unique par enfant : les cinq jours ne pourraient pas être partagés entre plusieurs bénéficiaires. Lorsque plusieurs personnes remplissent les conditions, le droit reviendrait en priorité au père ou au coparent. Celui-ci pourrait toutefois y renoncer au profit de la mère.
Cette logique signifie qu’un seul parent utiliserait l’ensemble du crédit. Les familles devraient donc décider qui prendra les jours en tenant compte de leur organisation, de leurs revenus et de leurs contraintes professionnelles. Les formalités permettant d’attester ce choix ou une éventuelle renonciation devront encore être précisées dans les textes d’exécution.
La communication officielle vise les personnes ayant un lien de filiation avec l’enfant. Les situations particulières devront être examinées à la lumière du texte définitif et de ses arrêtés d’exécution.
Quelle indemnisation est prévue
Chaque jour de crédit familial devrait donner lieu à une indemnité. Pour les salariés et les fonctionnaires, celle-ci serait calculée sur la base d’un pourcentage de la rémunération brute. Pour les indépendants, une allocation forfaitaire serait prévue en cas d’interruption totale de l’activité.
Les montants, les plafonds éventuels, les conditions d’octroi et les démarches pratiques ne sont pas encore arrêtés. Ils devraient être fixés par arrêté royal. Il serait donc prématuré de calculer aujourd’hui le montant exact qu’un parent recevra ou de supposer que le mode de calcul sera identique à celui d’un congé déjà existant. La période de crédit familial devrait par ailleurs être assimilée à une période d’activité pour la constitution des droits à la pension.
Une application annoncée pour les naissances depuis 2026
Le gouvernement prévoit que le droit couvre les naissances survenues à partir du 1er janvier 2026. Cette rétroactivité ne signifie pas que les parents peuvent déjà demander les cinq jours : la mesure doit d’abord devenir une loi applicable.
Pour les enfants nés entre le 1er janvier 2026 et l’entrée en vigueur future, un régime transitoire est annoncé. Selon les informations disponibles, le délai permettant d’utiliser le crédit commencerait alors à courir à la date d’entrée en vigueur, afin que les familles concernées ne perdent pas automatiquement leur droit. La loi entrerait en principe en vigueur le dixième jour suivant sa publication au Moniteur belge. Ces éléments restent à confirmer dans le texte adopté.
Et en cas d’adoption
Certaines communications professionnelles présentent le dispositif comme applicable à l’arrivée d’un enfant par naissance ou adoption. Les communications officielles actuellement disponibles décrivent toutefois le mécanisme en référence aux naissances. Par prudence, l’extension du crédit familial à l’adoption ne doit donc pas encore être considérée comme acquise : elle devra être vérifiée dans la loi définitive.
Ce que les parents et les employeurs peuvent déjà retenir
Le principe est clair : cinq jours indemnisés supplémentaires par enfant, accessibles aux différents statuts professionnels et utilisables de manière flexible durant la première année. Mais il faut encore attendre la publication de la loi et des arrêtés royaux avant d’introduire une demande.
D’ici là, les parents d’un enfant né depuis le 1er janvier 2026 ont intérêt à conserver les documents liés à la naissance et à suivre les informations de leur employeur, de leur mutualité ou de leur caisse d’assurances sociales. Les employeurs et les professionnels RH peuvent, de leur côté, anticiper l’adaptation de leurs procédures sans présenter le droit comme déjà applicable.
En conclusion
Le crédit familial marque une étape vers une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, notamment grâce à son ouverture annoncée aux indépendants. Son intérêt est réel, mais son cadre pratique dépend encore de l’aboutissement du processus législatif. Les bénéficiaires potentiels devront donc attendre les règles définitives avant de planifier ou de demander ces jours.
Vous avez une question sur cette future mesure ou sur son impact pour votre situation, votre entreprise ou vos travailleurs ? Contactez-nous : nous vous aiderons à suivre les évolutions et à préparer les démarches utiles dès que le cadre définitif sera connu.
Sources
Consultées le 8 octobre 2026. La mesure étant encore au stade de l’avant-projet, les règles finales peuvent évoluer.
- Conseil des ministres, Introduction d’un crédit familial pour les travailleurs salariés, les fonctionnaires et les travailleurs indépendants, 23 juillet 2026
- Cabinet du ministre David Clarinval, David Clarinval introduit un crédit familial de 5 jours par enfant, 18 juillet 2026
- Chambre des représentants, Commission Économie du 30 septembre 2026, compte rendu intégral
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